Faits divers : Un médicament qui rendrait accro au jeu

Le dossier a été porté devant le tribunal de Grande Instance de Nantes : un Nantais a porté plainte contre l’un des plus gros laboratoires pharmaceutiques (GlakoSmithKline) accusant l’un de ses médicaments de l’avoir rendu dépendant aux jeux d’argent.

En effet, le plaignant, Didier Jambart, est un homme de 52 ans originaire de Nantes à qui on a diagnostiqué la maladie de Parkinson il y a huit ans. Son neurologue lui avait à l’époque prescrit la prise de Requip®, un médicament stimulant la production de dopamine dans le cerveau (la dopamine est un neurotransmetteur défaillant chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson).

Pendant près de deux ans et demi, l’homme a développé de sérieux troubles du comportement. Il a complètement dilapidé les économies du ménage, soit 100000 euros, allant jusqu’à voler pour pouvoir jouer aux jeux d’argent en ligne. Pendant deux ans, il s’est également adonné à la recherche compulsive du plaisir sexuel allant jusqu’à s’exhiber sur Internet ou se travestir. Or, ces troubles du comportement et de la personnalité ont cessé directement après l’arrêt du traitement.

Gérard Marot et Antoine Béguin, les avocats du joueur compulsif sont fermes, le Requip® est à l’origine de ses troubles : « dix praticiens dont quatre experts médicaux ont conclu que le traitement était bien à l’origine des troubles déclarés ».

Le Requip rend accro au jeuDidier Jambart a ainsi porté plainte contre son neurologue pour « manquement à son obligation d’informer » et contre le laboratoire pharmaceutique GSK pour « défectuosité d’un médicament ».

Il réclame ainsi 450 000 euros de dommages et intérêts. Si l’affaire a été jugée cette semaine, le jugement ne sera lui rendu que le 24 mars.

 

Aujourd’hui, la notice du médicament porte les recommandations suivantes : « des troubles du contrôle des impulsions incluant le jeu pathologique et l’hypersexualité, et une augmentation de la libido, ont été décrits chez des patients traités par des agents dopaminergiques, y compris le ropinirole, principalement chez des patients atteints de la maladie de Parkinson. Ces troubles ont été rapportés spécialement à doses élevées et étaient généralement réversibles lors de la diminution de la dose ou de l’arrêt du traitement. Dans quelques cas, d’autres facteurs étaient présents tels que des antécédents de comportements compulsifs (cf. effets indésirables) ».

Un autre médicament a déjà été accusé d’effets indésirables similaires : le Mirapex® pourrait causer « une centaine de troubles compulsifs – jeu pathologique, comportements répétitifs sans but, augmentation de la libido ou hypersexualité ». Surveillez les prescriptions de votre médecin !

03-Feb-2011, 11:58


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